40 millions FB dans le coffre-fort pour le paiement des pensions

La future agora surmontée d’une belle verrière.
La future agora surmontée d’une belle verrière. - Thomas Van Ass

Même s’il est encore d’application auprès de 25.000 Belges, le paiement des pensions de la main à la main était monnaie courante à l’époque. Et cela représentait beaucoup d’argent à porter à domicile.

« Il y avait souvent plus de 40 millions de francs belges dans le coffre-fort, raconte Albert Schinkus. C’était une fameuse somme à gérer. On la répartissait dans une cinquantaine de sacs, selon les différents bureaux de l’arrondissement. Et puis on recomptait. Et quand ça ne tombait pas juste, c’était la galère. Il faut dire qu’il y avait énormément de billets en petites coupures, car il fallait verser le compte juste. Quand c’était dans un des premiers sacs, ça allait. Sinon, il fallait tout recommencer jusqu’à ce qu’on y arrive… »

Ensuite, on répartissait dans les différentes sacoches des facteurs. « Les trois gros jours pour les pensions privées, c’étaient tous les 6, les 14 et les 20 du mois, détaille Albert Lecarte. Le 25, c’était le jour de la Vierge Noire (pour les pensions des handicapés) et les derniers jours du mois étaient consacrés au paiement des pensions des agents du service public. »

Il n’était pas rare du tout que chaque facteur transportait dans son sac 400.000 francs belges. C’était pour ça qu’on les attaquait si souvent, les malfrats connaissaient les jours de paie. »

Le coffre-fort a été déménagé et il n’existe aucune photo de la salle où il se trouvait. « Interdiction totale, reprend Albert. C’était l’endroit top-secret ! »

L.G.