Le Standard est revenu de nulle part contre La Gantoise

Analyse
Le Standard est revenu de nulle part contre La Gantoise

Sans Muleka, Bokadi et Siquet, sans Zinho Vanheusden non plus qui a tout de même retrouvé la pelouse de Sclessin le temps de l’échauffement samedi, on savait que le Standard allait connaître un match difficile face à Gand. En plus de ces forfaits, Mbaye Leye avait également posé des choix forts après la débâcle à Ostende, en titularisant les jeunes Allan Delferriere (19 ans) et Alexandro Calut (18) ainsi que Laurent Jans, présent sur la pelouse pour la première fois depuis le 7 mars (à Mouscron).

Pendant près d’une heure, le poids des absences fut certainement trop lourd à porter pour un Standard brouillon, abandonné par ses faiseurs de miracles que sont habituellement Selim Amallah, Nicolas Raskin et Joao Klauss. Aucune des occasions créées par les Liégeois n’aurait mérité qu’on s’y attarde si seulement il y avait eu autre chose à se mettre sous la dent, alors qu’en face, Tissoudali et Yaremchuk ont galvaudé un bon nombre d’occasions, franches pour le coup, devant un Bodart impérial (64e, 70e).

Les tentatives lointaines et timides de Gavory (14e), Amallah (41e) ou encore Delferriere (56e) ont finalement laissé place à un coup d’éclat du Belgo-Marocain qui ne méritait certainement pas de marquer, mais qui grâce à ce 10e but personnel cette saison en championnat a retrouvé son vrai visage dans la dernière demi-heure. Sa volée du pied gauche suite à une déviation intelligente d’Abdoul Tapsoba avait en effet des airs d’éclaircie dans la grisaille.

Plus qu’Amallah, c’est tout le Standard qui s’est métamorphosé suite à cette égalisation (Bezus avait fait 0-1 à la 8e), réparatrice comme il y a un mois en phase classique, lorsque le club principautaire avait réussi à renverser Gand après avoir concédé deux penalties. Le parallèle avec ce match « aller » encore bien présent dans les mémoires est même devenu saisissant lorsque « Mickey » Balikwisha a, comme il y a quatre semaines, donné l’avance aux siens en marquant son 8e but de la saison après avoir dribblé Sinan Bolat. Puis lorsqu’Arnaud Bodart, qui avait stoppé deux penalties lors de ce fameux match, a récidivé face au capitaine Vadis. Quelques secondes auparavant, c’est Bodart lui-même qui avait commis l’irréparable dans les pieds de Malede, pas aidé par la mauvaise protection de balle de Jans sur cette action. « Je pourrais presque faire un copier-coller de mon analyse d’il y a un mois », estime Mbaye Leye. « Mais j’ai vu ce que je voulais voir, c’est le plus important. Après la honte de cette défaite à Ostende, il fallait réagir et nous l’avons très bien fait malgré une première mi-temps où l’on sentait que les joueurs étaient encore dans la peur. »

Sans vraiment le mériter, mais en profitant pleinement de l’inefficacité et donc des cadeaux de Gand, le Standard a décroché une victoire qui lui permet de revenir provisoirement à deux points d’Ostende, le leader de ces Playoffs 2 qui se déplace à Malines ce dimanche (16h). Pour le club liégeois, l’Europe est encore relativement lointaine, mais ses espoirs d’y figurer la saison prochaine sont toujours bien intacts.

Mbaye Leye fier de la prestation du Standard: «On a lavé la honte d’Ostende»

Mbaye Leye fier de la prestation du Standard: «On a lavé la honte d’Ostende»

Après la claque à Ostende, Mbaye Leye avait décidé de réagir en bousculant son noyau. Pas moins de cinq changements avaient été opérés dans sa composition d’équipe, avec notamment la première titularisation des jeunes Allan Delferrière et Alexandro Calut, ainsi que le grand retour de Laurent Jans. Et ça a visiblement payé, puisque ses joueurs se sont imposés via des réalisations de Selim Amallah et Michel-Ange Balikwisha.

Après la rencontre, Mbaye Leye se montrait particulièrement fier de la mentalité affichée. « C’est un peu le même genre de matches que pendant la phase classique : on est dominés puis on revient au caractère », explique le coach liégeois. « Si je devais analyser cette rencontre, je mettrais l’accent sur la mentalité. Je ne vais même pas parler de football, parce que ce n’est même pas important. Aujourd’hui, je suis fier de la prestation de mes joueurs. L’idée, c’est d’avoir cette mentalité-là tout le temps. »

Comme le Sénégalais l’avait déjà annoncé, il veut continuer l’aventure avec des joueurs qui montre de l’envie, sur le terrain comme à l’entraînement. « C’est tout ce qu’on va faire désormais. On aura peut-être des gars moins bons techniquement, mais ils montrent de l’envie et de l’abnégation. Je veux continuer avec des gens qui ont envie de mettre le club en premier, et surtout pas l’inverse. Regardez Nicolas Gavory, par exemple. Aujourd’hui, j’ai envie de parler de lui, parce que je sais qu’il est souvent critiqué. Mais je le vois tous les jours à l’entraînement, et je peux vous dire qu’il mérite de jouer pour le Standard, car il s’arrache au quotidien. C’est avec des mecs comme ça que je veux jouer. Ils feront des erreurs, mais au moins on sait où on veut aller. Et on veut y aller avec des gars qui représentent ce maillot, qui portent fièrement ce blason. Ils ont été mauvais à Ostende, c’est vrai. Je dirais même que c’était une véritable honte. Mais, aujourd’hui, ils ont lavé cette honte. Cela dit, on sait que cette reconstruction va prendre du temps, elle ne se fera pas du jour au lendemain. On sait aussi qu’on va perdre des matches, même si on sait très bien où on veut aller. C’est tout à fait normal. Mais, au Standard, on a la chance d’avoir un président qui ne veut que du bien pour son club, et qui fait tout le nécessaire pour y arriver. »

Arnaud Bodart offre les trois points: voici les bulletins du Standard contre Gand

Arnaud Bodart offre les trois points: voici les bulletins du Standard contre Gand

8 Bodart : pris à contre – pied sur le but de Roman Bezus, le portier a souvent donné de la voix pour replacer sa défense. Très attentif, il a sorti plusieurs ballons avant de couronner son récital en arrêtant le penalty de Vadis Odjidja.

5,5 Jans : difficile de définir sa rencontre tant elle s’est déroulée sans relief. Rien de mal fait, mais pas grand-chose d’intéressant non plus…

6,5 Delferriere : pour sa première titularisation, il a fait mieux que se défendre. La relance a parfois été hésitante mais dans l’ensemble, il peut avoir le sourire.

6 Laifis : toujours aussi propre dans son jeu, peut-être trop quand il s’agit de lancer les actions. Un capitaine posé pour diriger la jeunesse liégeoise.

5 Gavory : un début de soirée compliqué pour le Français. Souvent dépassé, rarement judicieux dans ses passes et ses choix, il s’est toutefois repris après la pause.

6 Calut : lancé dans le grand bain des pros, le latéral a logiquement manqué d’intensité et de puissance dans les duels. Très timoré, il n’a pas assez proposé offensivement.

5,5 Cimirot : la sentinelle n’a pas ratissé comme de coutume. Quand le Bosnien doit construire, le doute semble l’habiter.

5,5 Raskin : il aime courir et se lancer dans les duels. Mais face à la roublardise de la ligne médiane gantoise, il a souffert.

5,5 Amallah : son but pue la classe, celle qu’il a du mal à exprimer sur la longueur. La faute à une manie de toujours vouloir trop en faire, tant dans les gestes que la parole.

6 Balikwisha : un match à deux visages. D’abord celui de la transparence, lors d’un premier acte sans saveur. Puis il s’est réveillé, au point de fouetter les filets pour le but synonyme de victoire.

6 Klauss : l’avant s’est démené, sans jamais rien lâcher et en haranguant ses troupes. La taille patron, comme souvent depuis son arrivée.

Remplaçants

6 Tapsoba : combatif, il est à la base du second but de ses couleurs. Très disponible mais pas toujours précis.

NC Bastien, Fai

Balikwisha porte le Standard: «Entamer chaque match comme si c’était une finale!»

Balikwisha porte le Standard: «Entamer chaque match comme si c’était une finale!»

Après la claque à Ostende, Mbaye Leye avait décidé de réagir en bousculant son noyau. Pas moins de cinq changements avaient été opérés dans sa composition d’équipe, avec notamment la première titularisation des jeunes Allan Delferrière et Alexandro Calut, ainsi que le grand retour de Laurent Jans. Et ça a visiblement payé, puisque ses joueurs se sont imposés via des réalisations de Selim Amallah et Michel-Ange Balikwisha.

Forcément, après le coup de sifflet final, le dernier cité se montrait très heureux de la mentalité affichée. « Ça fait toujours plaisir de marquer, d’autant plus que cela faisait vraiment longtemps que je cherchais ce but », raconte-t-il au micro d’Eleven Sports. « Je suis aussi content pour l’équipe, cette victoire fait un bien fou. On sait qu’on a beaucoup de qualité, avec des jeunes qui font le travail. Quand on propose du vrai football, on sait faire quelque chose de bien. On l’a déjà montré mais, pour ça, il faut rester calmes et concentrés. On doit jouer au football sans penser à l’équipe adverse. En fait, il faut entamer chaque match comme si c’était une finale. C’est ce qu’il nous reste à faire pour espérer remporter ces playoffs 2. »

Bodart heureux du visage affiché par le Standard: «Une autre mentalité qu’à Ostende»

Bodart heureux du visage affiché par le Standard: «Une autre mentalité qu’à Ostende»

Les rencontres entre le Standard et La Gantoise se suivent et se ressemblent. Lors des deux dernières, on a pu voir deux fois le même scénario : un but et une domination de la part des Buffalos, puis le Standard revient dans le match grâce à son caractère… et à un but de Balikwisha ! Sans oublier, bien sûr, un penalty arrêté par Arnaud Bodart…

Après la rencontre, le héros liégeois était heureux d’avoir montré un autre visage qu’il y a une semaine. « On a pris une belle claque à Ostende », explique-t-il au micro d’Eleven Sports. « Ça ne fait jamais plaisir, forcément. Et, pour un gardien, ça fait encore plus mal, car on se sent impuissant. Mais j’essaye toujours de voir le positif. C’était une manière d’apprendre, il fallait passer par là pour se relever. Et ça a fonctionné parce que, aujourd’hui, on a montré une autre mentalité, avec deux jeunes qui ont fait le boulot. On a prouvé que, quand on joue en équipe et qu’on s’arrache sur chaque ballon, on peut aller chercher la victoire tous ensemble. Maintenant, il nous reste quinze jours pour finir ces Playoffs 2 de la meilleure des manières, en continuant à montrer notre team spirit de la sorte. »

Foot amateur et chez les jeunes

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