Conflit israélo-palestinien: Charles Michel appelle à la «désescalade»

Conflit israélo-palestinien: Charles Michel appelle à la «désescalade»
AFP

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est entretenu mercredi avec le président israélien Reuven Rivlin et a appelé à « une désescalade » dans les affrontements entre le Hamas et Israël, dans un message sur Twitter.

« Je suis très inquiet par la montée récente de la violence et des attaques sans discrimination. La priorité doit être donnée à la désescalade et il faut éviter les pertes de vies civiles innocentes des deux côtés », a-t-il déclaré.

55 morts dans de nouveaux affrontements entre Israël et le Hamas, crainte de « guerre à grande échelle »

Plus de 1.000 roquettes tirées vers Israël, des frappes continues sur la bande de Gaza et au moins 55 morts : l’affrontement armé entre le Hamas et l’Etat hébreu ne donne mercredi aucun signe d’apaisement et fait craindre une « guerre à grande échelle ».

Maisons ravagées, voitures foudroyées, installation pétrolière touchée : Israël s’est réveillé aussi mercredi avec des dommages inégalés depuis la guerre de Gaza de 2014.

Les hostilités les plus intenses depuis sept ans ont fait au moins 48 morts à Gaza, dont 14 enfants et trois femmes, deux Palestiniens de Cisjordanie occupée et cinq Israéliens.

Elles ont été déclenchées par les troubles le weekend dernier sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé par l’Etat hébreu depuis 1967 puis annexé.

Aucune trêve n’est envisageable tant qu’un « calme durable » n’est pas assuré, a prévenu le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz.

L’inquiétude grandit au sein de la communauté internationale, et le Conseil de sécurité de l’ONU se prépare à une nouvelle réunion d’urgence consacrée à cette crise sanglante.

Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », a alerté mardi l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland : « Une guerre à Gaza serait dévastatrice et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix », dans ce micro-territoire palestinien de deux millions d’habitants sous blocus, miné par la pauvreté et un taux de chômage avoisinant 50 %.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré l’état d’urgence dans la ville mixte juive et arabe de Lod, où la police a fait état d’émeutes par la minorité arabe, le président Reuven Rivlin, dénonçant un « pogrom ».

Certains observateurs craignent une aggravation des troubles civils alors que des manifestants brandissant des drapeaux palestiniens ont brûlé des voitures et des propriétés, affronté la police israélienne et attaqué des automobilistes juifs dans plusieurs villes mixtes du pays.

« Assurer un calme durable » -

Pour l’armée, les frappes aériennes israéliennes, les plus nourries depuis 2014, se veulent une riposte aux « plus de 1.000 roquettes » lancées par des différents groupes armés de la bande de Gaza vers l’Etat hébreu depuis lundi soir.

Sur ce total, 850 roquettes ont touché Israël ou ont été interceptées par le système de défense antiaérien israélien tandis que les autres se sont écrasées à l’intérieur de Gaza, selon le ministère israélien de la Défense.

« L’armée continuera d’attaquer afin d’assurer un calme total et durable », a affirmé M. Gantz lors d’une visite dans la ville israélienne d’Ashkelon, touchée par une pluie de roquettes.

Israël a lancé des centaines de frappes aériennes sur l’enclave côtière de Gaza contrôlée par le Hamas, visant ce que l’armée décrit comme des sites militaires palestiniens.

Outre le nombre croissant de morts, plus de 300 Palestiniens ont été blessés, dont beaucoup ont été sauvés des ruines fumantes de bâtiments. Côté israélien, plus de 100 personnes ont été blessées.

Les présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, ont fait part de leur « profonde préoccupation » et appelé à la « désescalade ».

Pour sa part, la procureure en chef de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, s’est dite préoccupée par l’escalade de la violence et a déclaré que des « crimes » pourraient avoir été commis.

Le Hamas avait lancé lundi soir une salve de roquettes en direction d’Israël en guise de « solidarité » avec les plus de 900 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est occupé.

Tractations à l’ONU

Mardi soir, l’aviation israélienne a pulvérisé un édifice de 12 étages, où des ténors du Hamas avaient leurs bureaux, et dans la nuit un autre édifice de neuf étages, comportant les locaux d’une télévision locale, des logements et des commerces.

L’armée dit avoir ciblé le « chef du renseignement militaire » du Hamas, Hassan Kaogi, et le « directeur du contre-espionnage » du mouvement islamiste armé, Waël Issa.

Dans la foulée de ces frappes nocturnes, le Hamas a lancé un nouveau barrage de roquettes ciblant encore la métropole israélienne de Tel-Aviv.

« Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête (…) », a prévenu le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, appelant les forces israéliennes à se retirer de l’esplanade des Mosquées, théâtre de heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens.

Face aux violences, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence, la deuxième en trois jours, d’après des sources diplomatiques.

La première réunion lundi s’était soldée sans aucune déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte « à ce stade ».

Des sources diplomatiques avaient affirmé lundi à l’AFP que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées », afin d’obtenir une désescalade.

Pour Berlin, Israël « a le droit de se défendre »

Le gouvernement allemand estime qu’Israël « a le droit de se défendre face aux attaques » du Hamas, a indiqué mercredi son porte-parole alors que les affrontements entre l’Etat hébreu et le mouvement islamiste inquiètent la communauté internationale.

« Israël a le droit de se défendre contre ces attaques dans le cadre de la légitime défense », a affirmé Steffen Seibert, précisant que le gouvernement allemand condamnait « fermement ces attaques persistantes à la roquette depuis la bande Gaza sur les villes israéliennes ».

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