Procès Simonon: la gravité des lésions témoigne de la violence des coups portés

Lors de la reconstitution au domicile de la victime, Christiane Darimont.
Lors de la reconstitution au domicile de la victime, Christiane Darimont. - F.P./D.R.

Vincent Simonon (36 ans) est accusé d’être l’auteur d’un meurtre pour faciliter le vol commis au préjudice de Christiane Darimont (61 ans) à Verviers. La victime, amie et voisine de l’accusé, avait été tuée de plusieurs coups de massette entre le 29 juillet et le 2 août 2017. Son corps, emballé dans une bâche, avait été découvert le 18 août 2017 dans le garage de sa maison.

Emballée dans une bâche et un sac plastique

Le médecin légiste Sébastien De Froidmont a confirmé que le corps de la victime avait été découvert le 18 août 2017 dans le garage de son habitation, emballé dans une bâche, dans laquelle il y avait aussi une couverture. La partie supérieure du corps était emballée dans un sac en plastique, fermé par un ruban adhésif. Un second sac en plastique emballait les jambes de la victime.

Selon l’expert, le corps présentait un état d’altération cadavérique avancé. Il était en état de décomposition, témoignant d’un décès qui remontait à plusieurs jours, voire à plusieurs semaines. La présence de lividités cadavériques, concordantes avec la position du corps, a démontré qu’il a été déplacé assez rapidement après les faits.

L’autopsie de la victime a permis de démontrer la présence de huit plaies au niveau du côté droit de la tête, témoignant d’un minimum de trois coups portés. Trois plaies ont été dénombrées au niveau du front, quatre dans la région temporo-pariétale et une au niveau du pavillon de l’oreille.

Les coups ont été portés avec un objet contondant, compatible avec la massette retrouvée sur les lieux des faits. Ces coups puissants ont entraîné des fractures du crâne, dont un enfoncement important. Le premier a entraîné la plus grosse fracture. La déchirure de l’enveloppe du cerveau constatée par l’expert témoigne de la violence déployée. Le cerveau a été sévèrement atteint. « Les coups ont été multiples et portés dans trois régions distinctes de la tête. Vu l’importance des fractures, il y a eu entre trois et huit coups », a exposé le légiste.

La cause du décès est un traumatisme crânien, qui est la conséquence des coups reçus au niveau de la tête.

La version de l’accusé mise en doute

Un second médecin légiste a participé à la reconstitution des faits et a examiné la crédibilité de la version présentée par Vincent Simonon. L’accusé a affirmé qu’il avait découvert le corps de la victime, allongée dans son divan, déjà morte, dans la pénombre. Il disait, malgré l’obscurité, avoir constaté la présence d’une seule tache de sang de la taille d’une pièce de 10 centimes, d’une blessure au niveau de l’œil et de sang dans les cheveux et sur un oreiller. Après cette découverte, Vincent Simonon a assuré avoir déplacé le corps sur une bâche.

Mais selon le médecin légiste, les déclarations de l’accusé ne sont pas compatibles avec les constatations médico-légales. L’enfoncement du crâne et les plaies importantes ont laissé l’os à nu. Les coups portés avec une masse ont dû occasionner d’importantes projections de sang. Les lésions manifestes et visibles sont incompatibles avec les explications livrées par l’accusé.

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