Cour d’assises: Simonon présente une dimension antisociale d’après les experts

Simonon derrière ses avocats.
Simonon derrière ses avocats. - Laurie Dieffembacq - Belga

Des expertises psychologiques et psychiatriques ont été réalisées pour évaluer la personnalité de Vincent Simonon. Les experts ont constaté que l’accusé ne présente pas de signe de retard mental et que la question de la débilité mentale est exclue.

Le psychiatre Cécile Debabeche et le psychologue Serge Garcet ont déterminé que l’accusé ne présente aucun signe de perte de contact avec la réalité ou d’état de désorganisation. Il ne présente pas de maladie psychotique.

Il voulait être écrivain

Lors de ses entretiens avec les experts, Vincent Simonon a confirmé qu’il ne s’est jamais inséré sur le plan professionnel. Il a réalisé une scolarité classique mais, au milieu de l’adolescence, il a commencé à ne plus suivre l’école. Il a obtenu un diplôme de l’enseignement professionnel en carrosserie. Mais l’accusé n’a jamais fait usage de ce diplôme dans le monde du travail, hormis durant une période de deux mois vers ses 20 ans. Ses recherches d’emploi n’ont jamais été très dynamiques et il n’a pas trouvé de travail.

La victime Christiane Darimont.
La victime Christiane Darimont. - D.R.

Vincent Simonon a décidé de devenir écrivain durant les dix années qui ont précédé les faits. Mais il n’a jamais rien publié. Il émargeait au chômage avant d’en être exclu. C’est à partir de cette période qu’il aurait commencé à vivre sur un héritage de 10.000 euros laissé par son grand-père.

Un trouble de la personnalité

Les experts ont relevé que Vincent Simonon vivait en marge de la société. Il a un détachement relationnel et affectif qui s’appuie sur une dynamique de personnalité envahissante. Il présente un trouble de la personnalité de nature schizoïde. Il manifeste aussi une froideur émotionnelle et une indifférence par rapport à autrui. «Derrière sa dimension antisociale, il existe un certain narcissisme et un égocentrisme», ont relevé les experts.

Les témoins de moralité ont également évoqué la personnalité de la victime. Christiane Darimont, âgée de 61 ans, était la mère de deux enfants mais, en raison de disputes familiales, ne fréquentait plus les membres de sa famille. Elle n’entretenait plus de contacts qu’avec un frère et sa petite fille, à laquelle elle était attachée. Ses deux fils ne lui rendaient plus de visites. «Mais elle aimait ses enfants et elle avait bon cœur», a précisé un de ses fils.

Le fils plus âgé de la victime a confirmé qu’il avait été opposé à sa mère dans des faits violents, en raison d’un problème d’alcoolisme. Une mesure d’éloignement avait été prise contre lui après des disputes. Ce fils a contesté avoir encore eu des contacts avec sa mère depuis 2016. Désigné par Vincent Simonon comme un potentiel coupable, cet homme a contesté avoir tué sa mère.

Christiane Darimont travaillait à temps partiel dans une entreprise comme technicienne de surface. Elle bénéficiait d’une pension de survie. La victime était appréciée de sa hiérarchie. Elle a été décrite comme une femme de caractère, autoritaire et rancunière. Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, mais elle entretenait de bons rapports avec son voisinage. Généreuse et attentionnée, elle avait pris soin de Vincent Simonon au décès de sa mère. Elle l’hébergeait, le nourrissait et l’aidait financièrement.

Les plaidoiries et le réquisitoire auront lieu durant la journée de jeudi.

Meurtre de Christiane Darimont: Simonon est décrit comme «un vil séducteur»

Il séduit pour profiter des gens, détaillent des témoins.
Il séduit pour profiter des gens, détaillent des témoins. - Belga/D.R.

Vincent Simonon est suspecté d’être l’auteur d’un meurtre pour faciliter le vol commis au préjudice de Christiane Darimont à Verviers. La dame, amie et voisine de l’accusé, avait été tuée de plusieurs coups de massette entre le 29 juillet et le 2 août 2017. Son corps, emballé dans une bâche, avait été découvert le 18 août 2017 dans le garage de sa maison.

Vincent Simonon est le père d’un enfant né en 2015. Il avait rencontré sa compagne en 2014 et s’en était séparé en 2016. Cette ex-compagne l’a présenté comme un homme qui était calme, qui s’occupait de son fils mais qui était parfois détaché et pas toujours totalement investi. Il manquait d’hygiène. L’accusé travaillait peu et ne gardait pas souvent son enfant.

Christiane Darimont.

Lorsque le couple cohabitait, Vincent Simonon tirait ses revenus du chômage. À la séparation, il était apparu déçu et triste mais n’avait pas fait de difficulté à la mère. Lors des gardes de l’enfant, son fils s’ennuyait avec lui car Vincent Simonon passait beaucoup de temps sur son ordinateur.

L’ex-compagne a confié que Vincent Simonon avait eu la garde de son enfant durant le mois de juillet. Le 31 juillet, il a ramené l’enfant à sa mère. «J’ai été marquée par le fait qu’il n’utilisait pas sa voiture habituelle», a précisé l’ex-compagne.

Quand il a laissé son fils à la mère, il ne lui a pas dit un au revoir classique. « À je ne sais pas quand », avait-il dit à son fils.

Il a déjà détourné de l’argent

Des membres d’un club de marche de Petit-Rechain ont exposé que Vincent Simonon en était devenu le secrétaire, puis le président en 2016. C’est en 2017 que les membres de ce club ont constaté qu’ils avaient été abusés par l’accusé. Il avait rédigé de fausses factures pour détourner l’argent du club à son profit. « Nous le considérons comme un vil séducteur. Il séduit les gens pour mieux s’approcher d’eux et abuser de leur confiance », ont exposé les membres du comité.

Vincent Simonon n’a pas contesté les faits auprès des membres du comité mais n’a pas voulu leur donner d’explications. Il a finalement été destitué de ses fonctions de président par le club le 17 juin 2017. Vincent Simonon n’a jamais été poursuivi pour ces faits.

Les témoins de moralité de l’accusé ont également décrit un homme qui avait du sang froid, qui n’était jamais énervé et qui n’était pas directif. Il avait le sens de la parole et aimait s’exprimer en public. Il n’avait jamais montré de signes de violence.

Vincent Simonon n’exprimait pas facilement ses sentiments. Il était gentil mais très personnel. L’accusé était aussi perçu comme quelqu’un de sale, qui ne prenait pas soin de lui et qui sentait mauvais. Il a encore été décrit comme renfermé, timide, peu loquace et solitaire. Il pouvait aussi se montrer séducteur, charmeur, manipulateur et affabulateur.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Liège (prov. de Liège)Verviers (prov. de Liège)
Notre sélection vidéo
Aussi en Faits divers