Une dizaine de maisons effondrées à Pepinster, les secours arrivent en barques VIDEOS

Reportage
Des scènes incroyables à Pepinster.
Des scènes incroyables à Pepinster. - A.R./D.R.

À Pepinster, si la situation reste critique, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. L’eau diminue fortement. Alors qu’on est bloqué au rond-point du Delhaize, l’eau a diminué d’un bon mettre en 30 minutes ce jeudi matin. Une voiture est coincée sur le toit sur le rond-point en question. Il s’agit d’une Citroën Berlingot. Lorsqu’on est arrivé à 10h, on ne voyait même plus la plaque. Vers 10h30 l’eau arrivait en bas de la vitre arrière.

Quatre bateaux sont affrétés pour secourir les nombreuses personnes coincées. Ils ramènent petit à petit les victimes par groupe de 3,4. Les bateaux sont manœuvrés par des secouristes flamands. Logique, on a moins de bateaux en Wallonie. « On a vu l’eau monter à une vitesse folle. On ne pouvait pas savoir hier soir qu’on serait coincé au premier », raconte un riverain descendant de la barquette. « Ce sont des pros. Il a suffi qu’on mette un drap à l’extérieur et on est venu à nous. »

Les secours présents à Pepinster.
Les secours présents à Pepinster. - A.R.

D’autres attendent encore l’arrivée des secours. Des adolescents étaient coincés dans l’école de la Providence ce mercredi soir. Il s’agissait des enfants de la concierge. Par les toits, ils se sont rendus à l’école Piqueray qui est un bâtiment un rien plus éloigné et surtout plus moderne. « La Providence, c’est un bâtiment très ancien. On craint un peu que l’école ne s’effondre. À Piqueray, ils sont bien plus en sûreté », se rassure le directeur des écoles catholiques de Pepinster.

Des maisons effondrées

Rue du Duc, au moins une maison s’est effondrée. Par chance les habitants ont été recueillis par des voisins. D’autres maisons se sont effondrées au niveau du Pont Walrand, rue Hubert Halet. Une dizaine selon le bourgmestre. On ignore s’il y a des victimes. « C’est une vraie razzia. On reçoit petit à petit les vidéos de surveillance. C’est très difficile de voir ça. C’est très frustrant de ne rien avoir pu faire », résume l’échevin des travaux, Michel Legrand. Dans certaines maisons, il y avait bel et bien des citoyens que l’on recherche encore. « Il y a encore des gens qui sont sur des toits en ce moment et qu’on doit aider. »

« C’est certain que près de la Hoëgne, d’autres vont tomber en ruine », déclare un pompier. « On est passé hier pour évacuer mais les riveraient ne voulaient pas. C’est vraiment dommage. »

Une voiture sur le rond-point du Delhaize.
Une voiture sur le rond-point du Delhaize. - A.R.

Dans Pepinster, il n’y a plus d’électricité. Une cabine électrique a explosé vers 3h du matin. « Il y a eu un arc électrique. La nuit est devenue lumineuse et puis c’était le noir complet », indique un pompier. Dans certaines rues comme dans les Golettes, on n’a plus d’eau. « C’est plus étonnant car c’est une histoire de pression et on ne comprend pas pourquoi. »

Rue Flère, à Pepinster.
Rue Flère, à Pepinster. - D.R.

« On est face à un mur d’eau : on se sent impuissant », constatait Philippe Godin vers 9h.

Inquiétude à la maison de repos

Autre inquiétude, la maison de repos Au fil de Hoëgne. Si les résidents vont bien dans les étages, il faut leur envoyer du personnel. Une équipe a été formée et doit s’y rendre en bateau. D’après ce que l’on sait, l’équipe sera envoyée une fois que tout le monde sera secouru.

Pas d’électricité avant plusieurs jours

Au niveau du réseau électrique, une centaine de cabines sont complètement sous eau, la plupart localisées dans les communes de la vallée de la Vesdre, de l’Ourthe et de l’Amblève. Les conséquences de ces incidents dépassent largement les frontières des communes sinistrées, certaines cabines sous eau alimentent en effet des zones limitrophes.

Dans le cas où l’électricité entre en contact avec l’eau, les cabines se mettent hors tension afin de garantir la sécurité des riverains et du réseau ainsi que la viabilité de nos installations, fortement mises en péril. Au-delà, certaines de nos installations resteront totalement inaccessibles jusqu’à la décrue.

À ce stade, tout ce qui a pu être réalimenté l’a été. « Nous nous efforçons néanmoins de trouver des solutions ponctuelles au fur et à mesure de l’évolution de la situation », indique Resa dont une cabine a explosé à Pepinster. Lors de la décrue, les installations devront être séchées et nettoyées avant d’être relancées en toute sécurité, ce qui nécessite des opérations techniques complexes. «  Nous ne pouvons garantir un retour à la normale avant plusieurs jours, malgré tous les efforts déployés par nos techniciens. »

En ce qui concerne le réseau gazier : certains dégâts sont à déplorer au niveau des conduites. Afin d’éviter que l’eau ne s’introduise dans les canalisations de gaz, des opérations de sécurisation sont prises sur le réseau.

Cependant, dans certains cas, pour des raisons de sécurité, une série d’installations ont été mises « hors gaz » entre Pepinster et Chênée. Les réalimentations après coupures nécessiteront un passage auprès de tous les citoyens concernés pour purger les installations lors de la remise sous gaz. Ces opérations prendront également du temps avant un retour progressif à la normale.

De manière générale, nous invitons les citoyens situés en zones inondées ou à risque à fermer la vanne d’alimentation en gaz et à couper l’alimentation électrique.

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