Deux fois plus de réfugiés que prévu à Sol Cress: la Ville demande des mesures

Plusieurs centaines de demandeurs d’asile sont arrivés en l’espace de quelques jours.
Plusieurs centaines de demandeurs d’asile sont arrivés en l’espace de quelques jours. - V.M.

Comme nous vous le révélions en exclusivité ce vendredi, la police de la zone Fagnes a beaucoup à faire ces derniers jours. Larrivée de plusieurs centaines de réfugiés en l’espace de quelques jours à Sol Cress a créé quelques « problèmes d’organisation » nous expliquait le porte-parole de Fedasil. Ce jeudi, on dénombrait 20 interventions de police liées à certains résidents du centre d’accueil de Sol Cress depuis le début du mois de septembre.

La Ville de Spa a tenu une réunion ce jeudi 16 septembre après-midi sur le site de Sol Cress avec la direction de Fedasil, la direction du centre Svasta, la zone de secours, la zone de Police, le CPAS et l’association des médecins généralistes.

À ces problèmes s’ajoute le nombre de réfugiés présents sur le site : 425 actuellement alors que, en avril dernier, la Ville et Fedasil étaient tombés d’accord sur moitié moins. « Nous avons constaté la présence de 425 demandeurs de protection internationale, alors qu’un accord était intervenu pour se limiter à un accueil raisonnable de 200 personnes en période de pandémie et 250 personnes une fois que le taux de vaccination aurait atteint 80% de la population » indique le collège dans un communiqué.

Fedasil justifie cette augmentation unilatérale (sans l’accord de la ville) par la saturation de son réseau d’accueil en raison d’une part, des inondations touchant certains de leurs centres et d’autre part, par une arrivée inopinée de demandeurs de protection internationale d’Afghanistan.

« Suite à l’arrivée et à la présence de ces 425 personnes, nous avons dû constater la survenance de plusieurs désordres et difficultés de nature à provoquer des dérangements pour le voisinage et troubles à l’ordre public. Conscients de la nécessité de juguler au plus vite ces phénomènes, nous avons sollicité une réunion de concertation avec Fedasil et Svasta. Afin d’assurer une meilleure cohabitation entre les citoyens, les commerçants, les gestionnaires du centre thermal et les résidents du centre Sol Cress, nous avons convenu que Fedasil et Svasta mettent en place, dans les plus brefs délais, des mesures concrètes relatives à la sécurité et à la tranquillité publiques. Avec les services de police, nous veillerons au respect de ces impositions et prendrons, le cas échéant, les mesures adéquates » assure le collège communal spadois qui précise qu’une prochaine réunion d’évaluation des mesures est fixée au lundi 27 septembre.

L’ASBL Ciréfasol mobilise des bénévoles pour aider les demandeurs d’asile à Sol Cress

Jacqueline Barzin, au centre, donne des cours de français.
Jacqueline Barzin, au centre, donne des cours de français. - V.M.

Dès l’arrivée des premiers réfugiés à Sol Cress, l’ASBL Ciréfasol (Citoyens Réfugiés Fagnes Solidaires) a mobilisé plusieurs bénévoles pour mettre des activités en place sur le site. Un vestiaire est accessible et largement fourni pour habiller les résidents, des cours de français se sont très vite mis sur pied et devraient encore se développer ainsi que d’autres activités pour les adultes. Jacqueline Barzin, fait partie de l’association et donne des cours de français à Sol Cress. « Je viens de discuter avec deux messieurs qui assistaient à mon cours et m’ont demandé des cours intensifs de français. En fait, ce sont des fonctionnaires de l’Europe qui travaillaient à Kaboul et qui sont là avec toute leur famille dont une fille qui est en 4e année de médecine » raconte-t-elle. Informée de certains problèmes rencontrés, elle réplique : « Il y a des mauvais, mais c’est comme partout. Il y a aussi des niveaux tellement différents. Il y a des agriculteurs qui viennent d’Afghanistan et sont plus ou moins illettrés et qui côtoient des gens tout à fait différents. Les petits jeunes qui viennent aux cours ils sont bien. Ils ne demandent qu’une chose, c’est d’apprendre. » Parmi ses élèves elle compte un vétérinaire, un professeur de religion et un conducteur de camion turcs, une journaliste albanaise et son mari cameraman…

Sur le site, on retrouve surtout des familles, majoritairement afghanes, et des jeunes seuls. « Le problème à mon avis doit se poser au niveau des jeunes seuls. Ils sont oisifs, ils n’ont pas d’occupation comme à Jalhay où ils ont leur caravane, doivent déjà aller faire des courses, se faire à manger etc. » L’association est d’ailleurs à la recherche de bénévoles pour organiser des animations et aider aux cours de français. « Il y a une éducation à faire de toute cette population. Ils ont des coutumes qui ne sont pas les nôtres, ne connaissent pas le tri des déchets et d’autres choses comme ça. Il y a vraiment un effort à faire dans ce sens-là. Je pense aussi qu’il faut un encadrement plus strict et expliquer qu’on ne vit plus de la même manière, qu’on doit être respectueux etc. Je pense que c’est la seule manière de maintenir le centre et qu’il y a moyen d’y parvenir. »

Aucun incident à déplorer dans les autres centres au Spa d’Or et à Vecqueterre

Au total, entre les centres d’accueil du Spa d’Or, à Sart, de Vecqueterre, sur les hauteurs de Spa, et de Sol Cress, sur la colline en face, ce sont près de 1.000 réfugiés qui sont hébergés dans ou à proximité de la cité thermale.

S’il y a bien quelques soucis ces dernières semaines avec certains résidents de Sol Cress, il n’est pas non plus question de faire un amalgame, ce n’est pas du tout le cas avec les familles afghanes qui travaillaient pour la Défense et sont désormais logées par elle à Vecqueterre. Tout se passe très bien là-bas.

Au camping du Spa d’Or, ouvert depuis bien plus longtemps, on ne déplore pas non plus d’incident particulier qui ait demandé une présence policière particulière.

Le problème ne concerne donc que certaines personnes arrivées à Sol Cress voici peu de temps.

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