«De la ferme à la table»: le Parlement européen valide la diminution des engrais

«De la ferme à la table»: le Parlement européen valide la diminution des engrais
Belga

Le Parlement européen a demandé mercredi à la Commission des « objectifs contraignants » de réduction des pesticides, dans le cadre de sa stratégie alimentaire pour l’UE à horizon 2030 visant à réduire l’usage des pesticides et des engrais et à accroître les cultures biologiques.

« Les députés ont insisté sur la nécessité d’avoir une chaîne d’approvisionnement alimentaire plus durable à tous les niveaux et ont réaffirmé que tous les acteurs – des agriculteurs aux consommateurs – avaient un rôle à jouer », a expliqué, dans un communiqué, le Parlement européen.

Le texte soumis au vote des eurodéputés à Strasbourg a rassemblé 452 voix favorables, en provenance de la totalité des élus écologistes et de presque tous les élus de gauche.

En revanche, 170 députés ont voté contre, dont des élus français du groupe PPE (droite), ainsi que du groupe d’extrême droite ID et de celui d’eurosceptiques ECR. La Française Anne Sander (PPE) avait dénoncé une stratégie « pas acceptable » qui « risque de sacrifier notre autonomie alimentaire et l’avenir de nos agriculteurs ».

Par ailleurs, 76 se sont abstenus, essentiellement du PPE et de l’ECR.

Vers un système européen plus durable

La Commission avait présenté sa stratégie « De la ferme à la table » en mai 2020. Ce carnet d’intentions doit se traduire dans les prochains mois par toute une série d’initiatives, législatives ou non (27 en tout), pour rendre le système alimentaire européen plus durable, résilient, plus respectueux du bien-être animal et de la santé humaine.

La Commission propose entre autres de viser pour 2030 une réduction significative de l’usage de pesticides chimiques (-50 %) et d’engrais dans l’agriculture (-50 % de pertes de nutriments), et de la vente d’antibiotiques pour l’élevage et l’aquaculture (-50 %).

Dans leur texte, les eurodéputés demandent à l’exécutif de veiller à ce que ces objectifs soient rendus contraignants dans la législation. Ils suggèrent aussi de davantage refléter dans le prix des aliments leur coût réel de production et leur impact environnemental et sanitaire, en jouant, pourquoi pas, sur les taux de TVA. Et ils demandent, entre autres, à la Commission d’envisager des stocks alimentaires stratégiques pour les temps de crise, à l’instar des stocks de pétrole.

Pour les eurodéputés, il s’agit de transformer la manière dont l’UE produit et s’alimente, pour parvenir à un système alimentaire « durable, équitable, sain, respectueux des animaux, plus régional, diversifié et résilient ».

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