Pakistan: un Sri-lankais battu à mort et immolé par le feu par une large foule

Le lynchage a eu lieu devant une usine à Sialkot, à environ 200 km au sud-est de la capitale Islamabad.
Le lynchage a eu lieu devant une usine à Sialkot, à environ 200 km au sud-est de la capitale Islamabad. - Isopix

La police a confirmé à l’AFP, sans autre commentaire, que ce lynchage avait eu lieu à Sialkot, à environ 200 km au sud-est de la capitale Islamabad.

Des vidéos diffusées sur Twitter montrent la victime frappée par des individus, dont certains hurlent des slogans dénonçant le blasphème. D’autres images laissent ensuite apparaître son corps entièrement brûlé devant une foule de plusieurs dizaines d’hommes. Nombreux sont ceux qui ne font aucun effort pour cacher leur visage et vont même jusqu’à prendre des selfies devant le corps en feu.

«Je suis profondément choqué par l’horrible incident de Sialkot», a réagi sur Twitter Usman Buzdar, le chef du gouvernement de la province du Pendjab.

«Personne n’est autorisé à se faire justice soi-même. Vous pouvez être assuré que les individus impliqués dans cet acte inhumain ne seront pas épargnés», a-t-il ajouté.

La question du blasphème est particulièrement sensible au Pakistan, où elle transcende les frontières entre partis et où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

La loi pakistanaise, farouchement défendue par les partis islamistes, prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d’avoir insulté l’islam ou le prophète Mahomet. Aucun condamné pour blasphème n’a toutefois jusqu’ici été exécuté.

Les opposants à cette loi lui reprochent d’être instrumentalisée pour régler des conflits personnels ou attenter aux droits des minorités religieuses.

Les slogans entendus dans les vidéos de Sialkot sont les mêmes que ceux utilisés par les partisans du parti radical Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), à l’origine ces dernières années de plusieurs manifestations anti-blasphème qui ont paralysé les grandes villes pakistanaises.

Le TLP a ainsi lancé l’année dernière une campagne contre la France, après que le président Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression, dans la foulée de la republication des caricatures du prophète de l’islam par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

Dimanche, des milliers de personnes ont attaqué et incendié un poste de police à Charsadda, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), après avoir demandé aux policiers de leur remettre un homme accusé d’avoir brûlé le Coran.

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