Véronique Gallo à Namur en février, comme vous ne l’avez jamais vue

Véronique Gallo, entourée de Jean Lambert, Elie Belvaux et Bruno Belvaux (à droite).
Véronique Gallo, entourée de Jean Lambert, Elie Belvaux et Bruno Belvaux (à droite). - C.H.

C’est l’histoire d’une pièce qui a failli ne jamais être présentée en public. Début août 2020, nous vous parlions ainsi de la pièce « Le Belvédère », la nouvelle création du metteur en scène Jean Lambert et de l’auteur namurois Bruno Belvaux. Elle devait être jouée fin août 2020 à Bruxelles, puis en décembre à Namur. Mais par deux fois, les restrictions sanitaires ont forcé la culture à fermer ses portes. Et lorsqu’elle a pu retrouver son public, Jean Lambert et Bruno Belvaux ont dû faire face à de gros obstacles.

Premièrement, les deux théâtres qui soutenaient la pièce n’en faisaient plus une priorité. « Le Belvédère » se retrouvait sans salle. La pièce devait aussi être jouée par un duo, Emilie Deletrez et Elie Belvaux. Mais entre-temps, l’actrice avait pris d’autres engagements. Elle joue d’ailleurs actuellement à Paris.

L’équipe sur les hauteurs de Namur.
L’équipe sur les hauteurs de Namur. - D.R.

Pas de salle, pas d’actrice… Jean Lambert et Bruno Belvaux auraient pu se décourager. Ça n’a pas été le cas. Après avoir repris leur pièce en autoproduction, ils se sont d’abord mis à la recherche d’une salle. Ce qui n’est pas aussi simple qu’il y paraît. « Si tu trouves par exemple un chouette lieu à Saint-Servais, comment crées-tu une habitude culturelle, comment équipes-tu la salle, comment mets-tu un parking ? », liste Bruno Belvaux. Ils apprennent heureusement que Philippe Clinet, un des patrons des Night and Day, cherchait avec d’autres associés une salle pour ouvrir un nouveau lieu de culture sur Namur. Il a finalement lancé « La Nef », dans l’ancienne église d’Harscamp, magnifique lieu du centre de Namur aujourd’hui sous-exploité par le CPAS, dont nous vous parlions la semaine dernière. Jean Lambert et Bruno Belvaux ne ratent pas l’opportunité : le Belvédère s’y produira tout le mois de février 2022.

Restait le problème de l’actrice. Et là, l’auteur et le metteur en scène ont la chance d’avoir un beau carnet d’adresses. « On avait fait une liste d’une quinzaine d’actrices qui pouvaient correspondre. Et la première sur notre liste, une ancienne de nos stagiaires avec qui Jean a collaboré sur plusieurs spectacles, c’était Véronique Gallo. »

« Mes papas de théâtre »

La Liégeoise est une vraie star aujourd’hui depuis le très gros succès de ses capsules vidéos « Vie de Mère ». Elle a lancé cette année un nouveau ‘one-woman show’, Femme de Vie, qui cartonne. Mais par miracle, Véronique Gallo avait un créneau libre. « Les astres se sont bien alignés », sourit Bruno Belvaux.

« Et surtout, j’ai lu le texte », reprend Véronique Gallo. « Jean et Bruno, ce sont un peu mes papas de théâtre. Ils m’ont mis le pied à l’étrier en 2006. S’ils n’avaient pas été là, je n’aurais peut-être pas eu l’énergie de quitter l’enseignement. Mais avant de dire oui pour cette pièce, il fallait que je la lise. Et j’ai plus que bien aimé le texte ! »

On est toutefois loin de l’univers pour lequelle on la connaît. « Le Belvédère », c’est une œuvre multifaces, grave, comique et musicale. Une pièce politique avec « de la passion, de l’amour, du sexe, de l’alcool, de l’ambition et par-dessus tout l’ivresse du pouvoir », comme l’explique son auteur. Une histoire qui tranche avec « Vie de Mère ». Mais Véronique Gallo n’a pas peur d’effrayer son public avec le texte de Bruno Belvaux. « Les gens ont compris que je suis une raconteuse d’histoires. Ils ont déjà accepté de me suivre dans mes spectacles qui ne sont pas mes vidéos. Et ils me suivent dans mes vidéos qui ne sont pas mes romans. Moi, je suis plutôt heureuse. Cette pièce va sans doute m’amener vers un public qui ne vient pas voir Femme de Vie. Mais je pense aussi qu’une partie de mon public viendra voir le texte de Bruno alors qu’à la base, il ne l’aurait peut-être pas fait. »

Du gagnant-gagnant, finalement, pour le duo Lambert-Belvaux comme pour Véronique Gallo. Et gagnant aussi pour le public ? On veut bien faire le pari. Pour en être sûr, réservez vos places sur le site internet de La Nef. Le Belvédère y sera donc présenté du 3 au 26 février.

Christophe Halbardier

Le pitch

Mais ça raconte quoi, finalement, « Le Belvédère » ? Voici la présentation qu’en font ses créateurs :

« Dans l’attente du résultat des élections, Brigitte (Véronique Gallo) a entraîné Gauthier (Eli Belvo) au Belvédère qui surplombe la ville. Dans ce moment, à cet endroit où l’horizon s’élargit, tout semble possible ! À presque 50 ans, alors que ses chances de poursuivre son action politique semblent minces, Brigitte sent que sa vie doit basculer.

Elle qui a toujours voulu rendre les gens heureux, ne pourrait-elle pas enfin penser à son propre bonheur ? Mais Gauthier, ce fringant et très ambitieux jeune musicien, baissera-t-il enfin sa garde ? Abandonnera-t-il ses discours glacés pour reprendre sa carrière de musicien ? À l’évidence, leurs destins sont liés à jamais et l’amour qu’elle éprouve pour lui est irrépressible. Est-il le seul à l’ignorer ? Feint-il l’indifférence pour faire grandir son plaisir de la conquête ? Est-ce la musique qui va les unir à jamais ?

De la passion, de l’amour, du sexe, de l’alcool, de l’ambition et par-dessus tout l’ivresse du pouvoir…

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait pure coïncidence. »

La première fois qu’elle joue le texte d’un autre

Véronique Gallo.
Véronique Gallo. - Philippe Jeusette

Avec « Le Belvédère », Véronique Gallo joue pour la première fois le texte d’un autre. « Je suis quelqu’un de très exigeant, de très difficile. Peut-être parce que j’écris moi-même… » Mais ici, pas de réticence. « Le texte de Bruno, c’est un cadeau à jouer. Le personnage féminin a tellement de facettes, c’est aussi tellement ancré dans ce qu’on traverse en tant que femme. Le sujet est politique, mais le spectacle ne s’adresse pas qu’à ceux qui s’intéressent à la politique. Mon personnage est en fin de quarantaine, elle sent qu’on tente de la mettre sur une voie de garage… Il y a derrière une relève avec des jeunes loups aux dents longues, dans un monde où tout va vite alors que ce qu’elle aime, c’est le contact avec les gens… Il y a donc une bagarre entre deux mondes, extraordinaire à jouer. Et à voir, je pense ! En plus, je joue avec Élie, mon partenaire sur scène, qui est une bête de la guitare et de la chanson. Pour moi, c’était impossible de dire non. »

Le côté musical est d’ailleurs en partie nouveau, pour Véronique Gallo. Mais elle se lance dans le chant avec plaisir. « En tout cas, j’essaie », rigole-t-elle. « Mon personnage est une politique qui rêve de devenir chanteuse. Il fallait incarner ça un minimum. »

Jouer le texte d’un autre semble en tout cas beaucoup lui plaire. « C’est bizarrement plus léger que quand c’est un de mes textes. Et je m’amuse beaucoup plus en répétition avec Élie que quand je suis toute seule ! »

«Cette pièce, c’est une déclaration d’amour à Namur»

La politique, ses jeux de pouvoir et de séduction… Tout cela est universel. Mais « Le Belvédère » se passe toutefois à Namur, la ville de Bruno Belvaux. « Et moi qui suis Liégeoise, j’apprends des trucs à chaque répétition ! »

L’auteur le reconnaît : certaines répliques parleront très fort aux Namurois. Le Belvédère en question n’est autre que celui de la Citadelle. « Quand le personnage parle de « son » téléphérique, de « sa » passerelle, le public va vivre une actualité namuroise », sourit Bruno Belvaux. Même s’il ne faut absolument pas être de la capitale wallonne pour comprendre ou apprécier le texte.

« Mais les Namurois peuvent quand même être fiers d’avoir un spectacle qui parle ainsi de leur ville », reprend Véronique Gallo. « Car c’est une déclaration d’amour à Namur ! »

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