«Evenepoel victorieux en solitaire», nos experts préfacent Liège-Bastogne-Liège

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Stéphane Thirion et Sébatien Close préfacent Liège-Bastogne-Liège
Stéphane Thirion et Sébatien Close préfacent Liège-Bastogne-Liège - Belga

Qui pour s’imposer ce dimanche dans la Cité Ardente ? Si le champion du monde Julian Alaphilippe et le Slovène Tadej Pogacar faisaient office de grands favoris pour les classiques ardennaises, fort est de constater que la course ne se résume pas qu’à ses deux noms, bien au contraire. Au rupteur en terre hutoise mercredi, le double vainqueur du Tour de France a complètement craqué dans les 200 derniers mètres du mur de Huy, une prestation assez rare pour être souligné. Son statut de favori fragilisé, c’est désormais sa participation à la Doyenne qui est incertaine, le coureur d’UAE est rentré en Slovénie ce jeudi matin pour soutenir sa compagne Urska Zigart, qui a perdu sa mère. Pour notre journaliste Stéphane Thirion, ces circonstances devraient amoindrir Pogacar même s’il se présente bel et bien au départ dimanche. « Je ne vois pas comment il pourrait briller, mettons-nous à sa place, il est rentré en Slovénie, il n’a pas fait les reconnaissances même si ce n’est pas forcément nécessaire, il va revenir samedi, l’esprit ailleurs. S’il participe tant mieux pour le spectacle, mais je ne suis pas convaincu qu’il faille intégrer Pogacar parmi les favoris. »

Du côté de la Quick-Step Alpha Vinyl, que peut-on attendre du duo franco-belge ? Alaphilippe est arrivé au 4ème rang mercredi et ne semble pas encore à son meilleur niveau, de quoi promouvoir notre compatriote Remco Evenepoel en tant que leader à Liège ? Pour Sébastien Close, cela semble tout de même compliqué. « Numéro un, honnêtement je ne sais pas, je ne serai pas si affirmatif que ça, je dirais plutôt qu’ils ont l’avantage de jouer sur plusieurs tableaux ce qui n’a pas été le cas sur les classiques pavés. Ici, sur les Ardennaises, Alaphilippe a déjà prouvé qu’il pouvait gagner Liège, même s’il n’a jamais réussi à le faire et qu’il tourne autour, et d’un autre côté, on a Evenepoel qui va découvrir pour la première fois la course, mais il connaît les routes par cœur car il s’entraîne énormément dans cette région. La tactique, on pourrait dire que Remco va anticiper avant la Roche-aux-Faucons, avant l’explication finale des cadors et ainsi pousser les autres équipes à travailler et mettre Alaphilippe à l’abri, on est plus sur une stratégie à deux têtes pour épuiser les adversaires. »

Une édition très ouverte

Avec l’absence de Primoz Roglic, l’incertitude de Pogacar et un champion du monde pas encore à son pic de forme, la Doyenne semble très indécise cette année, et nombreux sont ceux qui peuvent par conséquent, espérer glaner le monument ardennais. « Cette année, peut-être plus que les éditions précédentes, les favoris étoilés sont plus difficiles à cerner. Sans les 2 Slovènes, ça fait déjà deux gros favoris en moins et après, il n’y a pas quelqu’un qui écrase vraiment la concurrence », confie Sébastien Close. Côté belge, Dylan Teuns s’est imposé ce mercredi à Huy, peut-il rééditer l’exploit ce week-end ? Pas si sûr pour Stéphane Thirion. « Celui qui gagne la Flèche est bien à Liège, on l’a vu ces dernières années avec Valverde notamment, mais Teuns n’est pas un favori dans la mesure où il est très fort dans l’effet de surprise, et surtout l’arrivée n’est pas en côte, ça fait beaucoup d’éléments défavorables. Je pense que dans son équipe il y a d’autres éléments capables de s’imposer, Bilbao, Mohoric, ça reste du beau monde. » Autre tête d’affiche pour notre pays, Wout Van Aert sera bien présent. Perturbé par le Coronavirus, le champion de Belgique a décidé de s’aligner sur la Doyenne, lui qui n’a pas pu défendre ses chances sur le Tour des Flandres. Pour nos experts c’est clair, s’il est là, c’est pour jouer la victoire. « Si on est dans une configuration classique de Liège-Bastogne-Liège, un Van Aert en condition est aisément capable de suivre les meilleurs », enchérit Sébastien Close.

Les Ineos, la clé de la course ?

Impressionnante ces dernières semaines, la formation britannique a réalisé un incroyable triplé sur les classiques. Kwiatowski à l’Amstel, Sheffield sur la Flèche Brabançonne et Dylan Van Baarle à Paris Roubaix, les hommes de Dave Brailsford forment un effectif solide, capable de changer la course. « Je vois surtout une Doyenne qui va se faire en équipe. Et là, l’équipe à battre sera la Ineos de Daniel Martinez. Ils ont plein d’éléments à disposition pour brouiller les pistes, c’est cette équipe-là qui devra prendre la course en main. », pense Stéphane Thirion.

La dernière de Philippe Gilbert

A 39 ans, le natif de Verviers dispute sa dernière saison dans le peloton professionnel et participe par conséquent à son dernier Liège-Bastogne-Liège, lui qui a remporté la course en 2011, lors de sa plus grande saison de sa carrière. Une dernière non sans émotions pour le champion belge. « La course passe deux fois sans son village natal de Remouchamps, les supporters lui préparent une grande fête, tout est prêt pour saluer ce grand champion. Il n’est pas parmi les favoris, mais il a la condition pour semer la zizanie, il sort d’un bon Paris-Roubais, il a le moral et est enfin débarrassé de ses virus. Il va se donner à fond, c’est un battant, c’est un coureur belge que chacun saluera dimanche dans la Redoute, et pas que. », conclut Stéphane Thirion.

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