Le protocole nord-irlandais au coeur de la discorde entre Londres et Bruxelles

Le protocole nord-irlandais au coeur de la discorde entre Londres et Bruxelles

Il s’agit d’un texte négocié entre Londres et Bruxelles dans le cadre du Brexit pour répondre à la délicate question de la frontière entre l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni, et la République d’Irlande, membre de l’Union européenne.

Le protocole a été conçu pour répondre à un double objectif: protéger l’intégrité du marché unique européen et éviter une frontière terrestre qui risquerait de fragiliser la paix conclue en 1998.

L’Irlande du Nord a en effet été meurtrie par trois décennies sanglantes opposant unionistes, principalement protestants, attachés au maintien de la province au sein du Royaume-Uni, et républicains, essentiellement catholiques, partisans d’une réunification avec la République d’Irlande.

Quel est son fonctionnement ?

Plutôt que d’effectuer les formalités au niveau de la seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l’UE au risque de raviver les tensions, le protocole prévoit que les contrôles sur les marchandises en provenance de Grande-Bretagne s’effectuent à leur arrivée en Irlande du Nord.

Le texte maintient de fait l’Irlande du Nord dans le marché commun et l’union douanière de l’Union européenne.

Quels sont les difficultés posées par le protocole ?

Le texte est tenu pour responsable de difficultés d’approvisionnement en Irlande du Nord et présenté côté britannique comme une menace pour l’accord de paix du Vendredi saint, notamment après les violences qui ont éclaté en avril 2021 à Belfast, faisant 88 blessés dans les rangs des policiers.

Certaines entreprises s’en prennent aux nouvelles formalités. D’autres en revanche se félicitent de conserver un accès au gigantesque marché européen.

Selon plusieurs études, l’économie de l’Irlande du Nord a ainsi rebondi après la pandémie plus rapidement que les autres régions du Royaume-Uni grâce à l’accord qui permet de commercer avec l’UE.

Le texte n’a toutefois jamais été mis complètement en oeuvre, car des périodes de grâce sur les contrôles ont été instaurées et prolongées pour des produits comme la viande non surgelée ou les médicaments. Si bien que son application complète laisse augurer une aggravation des difficultés.

Les unionistes dénoncent le protocole nord-irlandais comme une menace pour la place de la province au sein du Royaume-Uni et craignent que la frontière en mer d’Irlande qu’il introduit de fait selon eux aille dans le sens d’une réunification de l’île d’Irlande. D’autant plus que les élections locales du 5 mai ont donné lieu à une victoire historique du parti républicain Sinn Fein, favorable à la réunification.

Faute de soutien des unionistes, le gouvernement britannique fait valoir que le soutien transcommunautaire requis par l’accord du Vendredi saint fait défaut.

Londres reproche aux Européens de refuser de renégocier le texte et les accuse de manquer de flexibilité, accusation rejetée par Bruxelles, qui affirme faire preuve de souplesse et être toujours ouvert aux discussions sur l’application d’un traité signé par les deux parties et qui s’impose au niveau du droit international.

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