L’ex-chancelier allemand Schröder quitte le conseil d’administration de Rosneft

L’ex-chancelier allemand Schröder quitte le conseil d’administration de Rosneft
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Selon Rosneft, M. Schröder a informé la compagnie qu’il ne pouvait prolonger ses fonctions de président du conseil d’administration du numéro un russe du pétrole.

Cette annonce intervient au lendemain de décisions à Berlin et à Bruxelles visant l’ancien dirigeant social-démocrate, qui fut chancelier de 1998 à 2005.

Jeudi, le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, a en effet décidé de le priver de certains de ses avantages d’ex-chancelier, dont l’attribution de bureaux.

Par ailleurs, à Bruxelles, les députés du parlement européen ont voté à une large majorité une résolution non contraignante lui demandant nommément de démissionner de ses postes.

«Les membres européens des conseils d’administration des grandes entreprises russes et les hommes politiques qui continuent à recevoir des fonds russes» devraient être ajoutés à la liste des sanctions de l’UE, stipule le texte.

Outre ses fonctions à Rosneft, M. Schröder est président du comité des actionnaires de Nord Stream AG, le consortium gérant notamment le gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne.

M. Schröder devait par ailleurs entrer en juin au conseil de surveillance du géant russe Gazprom.

Privé de distinctions honorifiques par plusieurs villes et ciblé par des appels à son éviction du parti social-démocrate SPD, M. Schröder avait fait savoir en avril qu’il n’avait aucune intention de démissionner, sauf si Moscou venait à cesser ses livraisons de gaz à l’Allemagne.

Un autre membre du conseil d’administration de Rosneft, Matthias Warnig, démissionne également, selon le communiqué du groupe russe.

M. Warnig, qui est aussi PDG de la société d’exploitation du gazoduc Nord Stream 2, a débuté sa carrière dans les sphères du pouvoir en RDA communiste. Selon les médias allemands, il fut un haut responsable de la Stasi (le ministère est-allemand de la sécurité intérieure, de sinistre mémoire), dans la section espionnage.

Les parlementaires européens ont aussi demandé à l’ancienne ministre autrichienne des Affaires étrangères Karin Kneissl de démissionner. Nommée en mars 2021 par le gouvernement russe au conseil de Rosneft, elle avait été confirmée dans ses fonctions par le groupe en juin de la même année.

«Je suis restée pour respecter mes obligations de mandat d’un an», a-t-elle précisé à l’AFP vendredi soir. «En mars, je n’ai pas démissionné car ce n’est pas mon style de quitter le bateau en pleine tempête».

Mais «la compagnie» a été informée «dès le mois de mars que je n’étais pas disponible pour des prochaines élections», a-t-elle ajouté.

«La récompense qui est versée à la fin d’un mandat n’était pas mon but pour assumer mes tâches. Les articles de presse selon lesquels je vis avec des millions d’euros sont faux et s’inscrivent dans une suite de calomnies systématiques», a-t-elle précisé.

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