Ryanair met en garde les pilotes belges après les menaces d’une grève cet été

Ryanair met en garde les pilotes belges après les menaces d’une grève cet été
Belga

« Les grèves n’apporteront aucun avantage à nos pilotes belges et ne feront que retarder ou annuler le recouvrement des salaires et mettre en danger les avions et les emplois », a déclaré mercredi le directeur des ressources humaines Darrell Hughes dans un mémo interne, que Belga a pu consulter.

Il y a quelques jours, les syndicats de cinq pays, dont la Belgique, ont menacé d’une grève européenne du personnel de cabine (stewards et hôtesses) de Ryanair si la compagnie aérienne irlandaise à bas prix n’acceptait pas un « véritable dialogue social ». Des actions sporadiques ou coordonnées pourraient avoir lieu partout en Europe à partir de juin. Depuis lors, un préavis de grève a donc été envoyé et des réunions doivent avoir lieu cette semaine afin d’organiser des actions à grande échelle touchant de nombreuses bases durant l’été.

Le mécontentement actuel du personnel de cabine et des pilotes trouve son origine dans « le contournement continuel » par Ryanair du droit du travail belge, rappellent la Beca et les deux syndicats. D’après eux, le transporteur utilise tous les moyens pour échapper à ses engagements de 2019 de respecter et d’appliquer la législation nationale.

Une attitude qui a déjà poussé les stewards et hôtesses basés en Belgique à faire grève durant trois jours en avril. Le mouvement avait été particulièrement bien suivi, obligeant Ryanair à annuler de nombreux vols. La compagnie avait, elle, dénoncé une grève « inutile », qui avait eu lieu au détriment des passagers.

Le transporteur emploie environ 650 personnes en Belgique (à Zaventem et Charleroi), dont quelque 400 stewards et hôtesses, mais n’y dispose pas d’un département RH, dénoncent encore une fois la CNE, l’ACV Puls et l’association des pilotes. Avec pour conséquence des fiches de salaire erronées, des salaires qui ne sont pas payés correctement, ou des documents sociaux ne sont pas en ordre.

Beaucoup de pilotes, en majorité des jeunes, sont en outre employés sous un statut de travailleur indépendant malgré des demandes répétées de transfert vers des contrats d’employés, dénonce leur « syndicat ». Durant la crise du Covid, la compagnie a, de plus, forcé ses pilotes à accepter des réductions de salaires sous menace de licenciements, qui n’étaient pas nécessaires ni motivés, et a mis en place un système de contournement de l’indexation automatique des salaires, ajoute la Beca.

Les concessions salariales exigées sous la menace de licenciements ne sont toutefois plus justifiées, estime cette organisation, relevant que Ryanair a récemment annoncé un profit estimé à 1 milliard d’euros pour 2022.

L’association souhaite la mise en place d’un « véritable dialogue social » au sein de la compagnie, qui ne règle jusqu’à présent les problèmes et différents avec ses employés « que par le conflit ». « Les pilotes regrettent amèrement de devoir exercer l’ultime recours de la grève pour se faire entendre et s’excusent d’avance auprès de leurs passagers pour les désagréments occasionnés », conclut la Beca.

Début du mois, les deux syndicats chrétiens avaient proposé un calendrier de négociations à la direction de Ryanair pour aboutir à une nouvelle convention collective de travail (CCT) pour le personnel de cabine basé en Belgique. Celui-ci est prévu jusqu’au 25 mai, soit ce mercredi. En fin de semaine dernière, les syndicats n’avaient toujours pas reçu de projet de CCT de la part de l’entreprise irlandaise.

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