Vente d’un appart: la minorité à Jemeppe demande la démission de l’échevin Evrard

La vente de gré à gré d’un appartement à Westende fait des remous. Pour rappel, l’affaire déjà rebaptisée « Westengate » par l’opposition, a éclaté lundi soir, au conseil communal. Sur une interpellation de Michel Gobert (PepS), les conseillers de la minorité se sont étonnés de la procédure et du prix négocié auquel ce bien, reçu en leg en 2017, a été vendu par le Collège.

Un prix anormalement bas, selon l’opposition, fixé à 105.000 euros alors qu’en 2019, « l’appartement et la place de parking avaient été estimés à 150.000 € et que l’immobilier a bondi de près de 20 % en 2021 à Westende ». L’opposition a aussi pointé des irrégularités dans la procédure. Selon la conseillère Béatrice Valkenborg (Liste du mayeur) qui s’est plongée dans le Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation, « le conseil communal était seul compétent pour décider de l’aliénation d’un bien, tant pour la publicité que pour les modalités de vente et le choix de l’acquéreur. »

Autant d’étapes pour lesquelles les conseillers communaux affirment n’avoir jamais eu leur mot à dire.

Le lendemain, mardi, on apprenait que la vente était tout simplement annulée.

Un échevin mis en cause

Mais l’affaire n’est pas close pour autant. Alors que la publicité pour la vente de l’appartement n’a été menée qu’en Flandre, la minorité a appris que l’acquéreur n’était autre que le neveu par alliance de l’échevin Jean-Luc Evrard. Lequel réside à Sambreville. L’opposition dénonce un conflit d’intérêts. Elle a déposé plainte ce vendredi auprès de la tutelle régionale et du Procureur du Roi. « Nous demandons à ces deux instances de mener une enquête afin de déterminer la responsabilité de chaque membre du Collège dans cette vente », indique Christophe Sévenants (PepS).

« M. Evrard a pris part à la décision du Collège qui a accepté l’offre anormalement basse d’un membre de sa famille. Il s’agit là d’un viol flagrant d’une disposition du Code de la Démocratie locale et de la Décentralisation qui interdit à un mandataire d’être présent quand le Collège délibère sur des objets auxquels il a un intérêt direct ou auxquels ses parents ou alliés jusqu’un 4ème degré inclusivement ont un intérêt personnel et direct », soulignent les trois groupes de l’opposition qui ne comptent pas en rester là.

La minorité demande à l’échevin Evrard de présenter sa démission. Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre ce vendredi Jean-Luc Evrard, mais nos appels sont restés sans réponse.

Le Collège: «L’échevin n’a pas interféré dans le dossier»

Dans un communiqué publié ce vendredi, le Collège prend acte des déclarations de l’opposition. Il confirme que « l’acquéreur est bien le neveu par alliance de l’échevin (4e degré de parenté) et qu’il n’en demeure pas moins que ce dernier n’a absolument pas interféré dans l’instruction du dossier ».

Par ailleurs, le Collège rappelle que le Directeur général était le seul gestionnaire du dossier et le seul interlocuteur entre le potentiel acheteur, le notaire et l’administration communale. « Cette décision fut prise sur base d’arguments rationnels présentés au Collège », précise encore le communiqué. « L’absence ou la présence de l’échevin n’a donc eu aucune influence sur le processus. En cas de plainte, toutes les preuves des échanges internes qui démontrent la gestion indépendante et transparente du dossier seront fournies. »

En guise de conclusion, le Collège regrette l’attitude « déplorable » de certains membres de la minorité. « Ce dossier est clos et sera relancé en août conformément aux prescrits, comme la bourgmestre s’y est engagée lors de la séance du conseil communal. »

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Notre sélection vidéo
Aussi en Province de Namur