Scout prêt pour toujours

Comment avez-vous vécu le lever du soleil de ce mercredi matin?

C’était une belle émotion pour moi. Un très beau spectacle universel, gratuit, silencieux, qui met la nature en valeur. Bref, parfaitement à l’image du scoutisme.

Qu’est-ce qui fait que vous n’avez jamais quitté le mouvement et que vous y êtes encore fortement impliqué, à l’âge de 70 ans?

Le bénévolat, la mise au service de l’autre, la découverte de soi-même et des autres, la prise de responsabilités... Depuis le début, les valeurs sont toujours restées les mêmes. Quand je vois ces jeunes chefs qui kotent et reviennent le week-end pour préparer des activités et animer des réunions! Je suis vraiment admiratif, car la gratuité se perd.

Comment êtes-vous entré chez les scouts?

C’est un ami qui m’a convaincu de venir chez les louveteaux de Sainte-Julienne en 1945. C’était dans le courant patriotique de l’époque, après la deuxième guerre mondiale. Je suis devenu animateur en 1955. En tout, je suis resté chef d’unité pendant 42 ans. Mais maintenant, je suis chef adjoint.

Vous êtes entré dans le mouvement après la guerre. Le scoutisme est justement parfois considéré comme un mouvement un peu militaire avec le salut, l’uniforme...

Non, pas du tout. C’est un mouvement de paix, avec une loi positive qui touche à tout: le respect de la personne, du groupe, de la gratuité, de la nature... Le scoutisme développé par Baden Powell, c’est l’écologie, l’œcuménisme et la pluralité avant la lettre. Le salut par exemple est un signe sioux, qui se fait avec trois doigts pour affirmer que le devoir commence à la maison, qu’on est fier de sa foi et qu’on est un bon citoyen.

Le scoutisme a cent ans aujourd’hui. Par certains côtés est-ce qu’il n’est pas un peu vieux jeu, ringard?

Non. Ce qui est exceptionnel, c’est qu’à une époque où tout le monde court, il permet de se poser, de prendre contact avec la nature. Pour combien d’enfants la nature est-elle seulement une bande verte vue depuis la voiture aujourd’hui? Le respect, l’éducation, la bonté développés par le scoutisme sont des valeurs humaines essentielles.

Que vous a apporté le scoutisme personnellement?

Un émerveillement, l’écoute des autres. Tout ce que j’y ai appris m’a permis d’exercer une profession inespérée par rapport à mon profil: professeur d’éducation physique dans l’enseignement spécial. Le scoutisme est à la base de mon épanouissement.

Et on sent que ce n’est pas près de terminer...

Non. Savez-vous que chaque année, je campe encore pendant quinze jours? Je vais donner des conseils dans les camps, mais seulement lorsqu’on me le demande. Pas pour être une belle-mère, pour dire que de mon temps c’était mieux.

D’ailleurs de petits blagueurs pensent que je dois être totémisé en “ dinosaure actif ” maintenant, au lieu d’“ ara du nerf. ” Mais moi, je préfère diplodocus, ça a une consonance latine...

Bruno Beckers

Journaliste

Le plus ancien scout présent dans le mouvement Pierrot Michel a lui aussi profité du lever de soleil. GDS

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